Il y a quelques semaines, 20 cadres du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP) ont bénéficié d’une formation intensive de 30 jours en Evaluation d’Impact des Politiques Publiques. La formation a été donnée par l’African School of Economics et s’est déroulée du 24 juillet au 08 septembre 2017. L’activité a été financée par la Coopération Technique Belge (CTB) à travers le Projet d’appui aux organisations béninoises par le renforcement des compétences (Paorc). Yannick Kouakanou, assistant technique national au Paorc nous a accordé une interview sur le sujet.

ASE : Bonjour M. Kouakanou !

Y. Kouakanou : Bonjour !

ASE : Pourquoi la CTB a-t-elle accepté d’accompagner le MAEP dans le cadre de cette formation en Evaluation d’Impact ?

Y. Kouakanou : C’est une activité qui au départ n’avait pas été inscrite à notre budget. Mais nous avons été saisis d’une requête du MAEP pour accompagner leurs efforts en matière d’évaluation d’impact des politiques publiques, notamment des politiques agricoles. Vu la pertinence du besoin et après avoir consulté les différents partenaires principaux et stratégiques du ministère, nous avons convenu d’accompagner cette initiative. Puisque, c’est un fait que les capacités des cadres de l’administration publique en matière d’évaluation d’impact des politiques en général, et des politiques publiques en particulier, étaient soit inexistantes, soit faibles, au meilleur des cas. Donc pour nous, c’était une opportunité qu’il fallait vraiment saisir pour accompagner les efforts du ministère, en matière d’évaluation. Nous avons donc accepté. Nous avons eu beaucoup de discussions avec l’école formatrice African School of Economics, avec les bénéficiaires, et finalement cela a abouti à concrétisation.

ASE : Qu’est-ce qui vous a motivé à valider le choix de l’ASE  par le MAEP, pour donner cette formation ?

Y. Kouakanou : Lorsque le MAEP nous a saisis en nous proposant l’ASE, nous nous sommes demandés pourquoi nous choisirions cette école et pas une autre ?

Vous savez, selon les procédures de la CTB, il faut toujours un appel à concurrence avant de choisir un prestataire. Mais la réalité des faits était que, selon nos investigations, l’ASE était la seule sur le territoire national à délivrer un certificat en matière d’évaluation d’impact des politiques publiques. Il y a d’autres écoles qui font des formations en ce qui concerne l’évaluation de projets, la gestion de projets, ou peut-être même parfois l’évaluation des politiques publiques, mais pas l’évaluation d’impact. Donc pour nous, c’était vraiment la seule offre valable sur le marché. Nous avons fait des recherches sur la crédibilité de l’école, sur sa représentation au niveau régional, et nous avons été rassurés, ayant compris que nous pouvions faire confiance à cette école.

ASE : Vous avez fini de financer le MAEP dans le cadre du renforcement des capacités de ses cadres. Quel est le prochain objectif  du PAORC ?

Y. Kouakanou : Nous souhaiterions fortement que le même processus se fasse au niveau du Ministère de la Santé. Parce que la coopération belge intervient globalement dans deux domaines : le secteur agricole et le secteur de la santé. Si nous avons un budget, et que le Ministère de la Santé exprime le besoin de se former en évaluation d’impact,  j’avoue que ce sera une très belle expérience pour nous.

Par ailleurs, au niveau du Ministère de l’Agriculture, cette activité n’est pas encore finie selon nous. Parce que l’accompagnement que nous apportons au MAEP ne s’arrête pas à la certification. En dehors de la certification des cadres qui ont été formés, nous voulons que l’ASE les accompagne dans la mise œuvre effective, l’application sur le terrain de l’évaluation d’une politique, d’un programme qui aura été retenu de commun accord avec eux. Ainsi, après cette phase de formation, nous allons convenir avec l’école, et en fonction des budgets disponibles d’un accompagnement dans l’exercice de tout ce qui a été appris. Le but final est d’avoir un document d’évaluation d’impact, produit par les apprenants eux-mêmes avec le coaching des formateurs. Donc ça, c’est la prochaine étape.

ASE : Quel est le budget ayant servi à financer la formation qui vient de s’achever avec le MAEP ?

Y. Kouakanou : Le budget, il faut dire que cela fait partie des choses qui nous ont bien impressionnés au sujet de l’ASE, au niveau du Paorc. Des coûts extraordinairement abordables ! Et ce qui est aussi intéressant, c’est que ce budget permettait de couvrir l’ensemble du processus. Ce qui a été un peu difficile pour nous et qu’on ne pouvait pas prendre en charge, c’était le choix des participants de délocaliser la formation et de la faire de façon intensive. Ils ont préféré ne pas le faire en trois séances par semaine, mais le faire lors de séminaires délocalisés de Cotonou. Ce budget, nous n’avons pas pu le supporter mais heureusement, un autre partenaire technique et financier du Fonds international de développement agricole des Nations Unies (Fida) s’en est chargé.