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Le jeudi 22 juin 2017, la très proactive Lucie Assonfack Kana, étudiante à l’ASE, a présenté le cinquième exposé vidéo de la série d'ateliers vidéo hebdomadaires.

L'auteur de son exposé était Angus Deaton, prix Nobel d’économie, connu pour son analyse de la pauvreté, de la consommation et du bien-être social. Une de ses citations importantes dans la présentation vidéo était : « Il n'y a pas de mesure sans théorie. » Lucie a souligné un certain nombre de mesures de la pauvreté qui incluent la mortalité infantile et la vie inférieure à un dollar (1 $) par jour. L'une des découvertes les plus significatives de Deaton est que « les riches dépensent moins pour la consommation par rapport aux pauvres. »

L'atelier a été très intéressant et les participants ont pu développer de nombreux points de vue sur le sujet.

 

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L'African School of Economics (ASE) est en partenariat avec l'Université de Princeton aux États-Unis. Dans le cadre de ce partenariat, l'ASE reçoit des étudiants de Princeton sur son campus d'Abomey-Calavi (Bénin), en accord avec le programme Princeton in Africa Fellowship. Alex Dobyan est l'un de ces étudiants qui a passé une année ici. À la fin de son séjour au Bénin, nous nous sommes approchés de lui pour en savoir plus sur son expérience sur le campus de l'ASE.

Pouvez-vous vous présenter, s'il vous plaît?

Je m'appelle Alex Dobyan et j'ai travaillé à l'ASE en tant que membre de Princeton-in-Africa pour l'année écoulée. La bourse Princeton-in-Africa parraine les diplômés récents des universités américaines pour travailler dans des organisations africaines pendant un an.

Comment était votre séjour au Bénin?

Honnêtement, c'était à la fois un changement d'air et un challenge. J'ai vraiment apprécié apprendre l'histoire, la culture, l'économie, etc., du Bénin. J'ai aussi l'impression d'avoir construit une bonne relation avec beaucoup d'étudiants chez ASE, ce qui est génial. Cela a rendu mon séjour plus agréable.

Dans quels autres pays êtes-vous allé ?

Avant d'arriver, je me suis rendu au Rwanda et au Maroc. Depuis mon arrivée au Bénin, j'ai visité le Togo, le Ghana, la Tanzanie et la Côte d'Ivoire.

Comment l'environnement global au Bénin est-il par rapport à ces pays?

Il existe certainement des différences culturelles; en général, l'Afrique de l'Est est plus décontractée et ordonnée, tandis que l'Afrique de l'Ouest est plus animée. Je préfère la plupart des autres villes que j'ai visitées comme Abidjan, Kigali et Dar es-Salaam à Cotonou; Cotonou est trop polluée, et la circulation est vraiment dangereuse avec tous les zemidjans. Le grand avantage que possède le Bénin est le niveau de stabilité politique et de liberté, et vous pouvez dire que les Béninois sont vraiment engagés et disposés à partager leurs opinions.

Quelle a été votre implication dans les activités ASE?

Mes deux principaux rôles étaient de travailler sur la recherche avec le professeur David Gbaguidi, et l'enseignement des cours d'anglais, de GRE et de TOEFL pour nos étudiants. J'ai également travaillé avec la faculté pour développer des propositions de bourses d'études et de recherche.

Quelle est votre appréciation générale des activités de l'école, universitaires et non académiques?

Il a été formidable de faire partie de la section recherche de l'ASE, qui est à la fois intéressante et de haute qualité. Il y a ici un certain nombre d'étudiants vraiment prometteurs, et j'espère qu'ils vont aller loin. Je pense qu'il est vraiment intéressant de voir les professeurs invités et les chercheurs qui viennent à l'ASE, et j'espère que dans le futur l'ASE pourra drainer davantage d'étudiants de toute l'Afrique, pas seulement du Bénin ou des pays voisins. En ce qui concerne les activités non académiques, il semble que les étudiants passent tellement de temps à étudier qu'ils n'ont pas le temps pour beaucoup d'autres choses! Je sais qu'il y a des initiatives pour amener les étudiants à jouer au football ou à faire de la musique, mais je n'ai pas vraiment participé.

Quel conseil pouvez-vous donner aux étudiants de l'ASE?

Tout d'abord, ils doivent travailler très dur. Si vous allez sur le marché du travail international ou à l'étranger pour étudier après l'ASE, vous devez travailler beaucoup plus fort que vos concurrents pour prouver que votre CV du Bénin est tout aussi bon que quelqu'un d'un pays de l'Ouest. Deuxièmement, vous devez prendre des risques et avoir un esprit ouvert. Beaucoup d'étudiants disent qu'il y a peu d'opportunités au Bénin ou dans d'autres pays francophones d'Afrique de l'Ouest, et tout le monde demande les mêmes emplois. Trouvez des moyens de créer vos propres opportunités ou d'acquérir de l'expérience quelque part de nouveau, surtout dans une nouvelle partie de l'Afrique que vous pouvez utiliser plus tard dans votre carrière pour obtenir un avantage.

Merci pour vos réponses et conseils éclairés.

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Les ateliers vidéo sont une initiative lancée et coordonnée par les étudiants de l'ASE. Ce sont des sessions hebdomadaires dont les objectifs sont de mieux comprendre les articles de recherche de grande envergure, de concevoir d'autres moyens de comprendre les scientifiques de renom présentant leurs articles. Pour l'instant, les ateliers vidéo en sont à leur quatrième édition.

Au cours des trois dernières sessions, les étudiants ont travaillé sur des articles écrits par des auteurs tels que Nathan Nunn, Abhijit Banerjee, Esther Duflo et le professeur Leonard Wantchekon. Les étudiants ont également apprécié des extraits de vidéos présentant ces documents.

Le dernier atelier, qui a eu lieu le 15 juin, s'est concentré sur un document intitulé «Théorie des contrats», rédigé par les auteurs primés du prix Nobel, Oliver HART et Bengt HOLMSTRÖM. La présentation de Hart était fondamentalement l'application de leur théorie. Son application était enracinée dans le secteur minier du charbon. La vidéo met en évidence l'application de la théorie des contrats dans la vie réelle par une relation entre la mine de charbon et la centrale électrique.

Les étudiants se sont félicités de la présentation avec enthousiasme. Les membres de l'auditoire ont eu de nombreux commentaires et questions par la suite.

Roland Pongou, PhD

Dr Roland Pongou est chercheur à l'Institut de Recherche Empirique en Economie Politique (IRREP) depuis septembre 2013 et professeur affilié à l'African School ofEconomics. Il est tituaire d'un Master et d'un doctorat en économie, tous deux obtenus à l'Université de Brown. Il est aussi détenteur de diplômes en mathématiques et en démographie. Il est professeur agrégé d'économie à l'Université d'Ottawa, responsable de la recherche et de l'évaluation au Global Economic Institute for Africa et chercheur affilié à Development Research Strategies. Ses recherches portent sur l'analyse de la façon dont les institutions formelles et informelles déterminent les résultats démographiques et économiques. Parmi les sujets abordés dans sa recherche figurent la formation des «réseaux d'infidélité» et leur impact sur la propagation du VIH/SIDA, l'accumulation du capital humain, les impacts de la traite négrière et l'activité missionnaire en Afrique et l'effet des médias sociaux sur les cycles et l'instabilité politiques. En tant que chercheur à l'IRREP, il a travaillé sur les impacts à long terme des chemins de fer coloniaux au Nigéria. Il étudie également les racines historiques et institutionnelles de la transition démographique dans les pays africains en utilisant des données microéconomiques.

 

 

Pourquoi as-tu choisi Pr. João Santos Silva pour le prochain CABICH (conférence Whatsapp de l’ASE, ndlr) ?

Professeur Santos Silva est une figure importante dans ses domaines de recherche. J'ai travaillé sur certains de ses articles et j’ai employé ses données dans Stata pourmon mémoire de master. Mon choix est principalement dû au fait qu'il a fait l'analyse quantitative intensive d'économétrie, qui est la racine de beaucoup de cours à l’ASE. De plus, ses apports en tant que professeur seront une aide exceptionnelle pour les étudiants de l’ASE aussi bien sur le plan académique que professionnel.

Comment les étudiants de l'ASE peuvent-ils tirer bénéfice de la participation à cette session ?

Participer à cette session est un privilège pour chaque étudiant de l’ASE. Premièrement, parce que nous allons en apprendre plus par les questions de chacun. Deuxièmement, participer à cette session pourrait mener à une grande opportunité pour un doctorat ou pour des projets de recherche.

Nous avons noté que tu invites souvent les personnes importantes aux causeries de CABICH. Comment parviens-tu à les convaincre ?

Je pense que pour inviter quelqu'un à CABICH, il faut tout faire pour le séduire dès le premier mail. Il est vrai qu'au début cela a été difficile, parce que c’était quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant. Au début, mes invitations restaient lettres mortes. Mais par la persévérance, j’ai affiné mon approche. Pouvez-vous imaginer que Pr. Santos Silva n'était pas un utilisateur de WhatsApp avant, mais il a demandé que son département lui fournisse un Smartphone juste pour participer à la session avec les étudiants d’ASE ? En outre, l’ASE par sa réputation facilite les choses. J'applaudis tout le corps enseignant, particulièrement Pr. Léonard Wantchekon. Il effectue un travail merveilleux pour étendre cette réputation. Toute ma gratitude envers lui, les professeurs et les étudiants qui ont aidé à me mettre en contact avec des gens de leurs carnets d’adresses respectifs.

Une petite note à l’attention des participants ?

Animer la causerie avec de bonnes questions. Les étudiants peuvent poser des questions sur divers travaux économiques, mais particulièrement sur le document de Pr. Santos Silva, De la pesanteur. J'encourage nos étudiants à lire soigneusement au moins ledit document pour être prêt. J'encourage également tout le corps enseignant à chaleureusement souhaiter la bienvenue à Pr. Santos ce jour pour le remercier d’avoir accepté l'invitation.